Vidéo

Automobile Tire Print : Entretien avec Robert Rauschenberg

Voilà une courte vidéo que j’ai trouvé intéressante afin donner une idée de la collaboration de John Cage avec Robert Rauschenberg sur Automobile Tire Print (1953). Elle donne un bon aperçu du projet en lui-même, les conditions de réalisation, etc, et surtout de la taille de l’oeuvre. Les photographies qu’on trouve de cette oeuvre sont soit partielles, auquel cas on est sûr de ne pas pouvoir s’en faire une vraie idée, ou bien elles sont intégrales mais le format est tellement particulier qu’on ne voit plus grand chose.

Donc je vous propose cette vidéo, cela vous fera peut être économiser un billet d’avion pour San Francisco !

En faisant des recherches sur Automobile Tire Print, on a l’impression de trouver plein d’informations. Mais très vite, on s’aperçoit qu’on tombe toujours sur les mêmes : la date de réalisation, le format, les matériaux, etc, mais rien sur l’oeuvre en elle-même, en tant que résultat. Et pourtant, c’est souvent ce qu’on recherche… Je pense que c’est surtout dû à la complexité de l’oeuvre, qui pose beaucoup de problèmes – un peu de la même manière que 4’33’. Tout est une question d’interprétation : elle remet en cause le statut de l’artiste, son « savoir-faire », sa capacité de créer. Par exemple, un artiste l’est-il toujours lorsqu’il n’intervient pas lui-même physiquement dans la réalisation de son oeuvre ?

Cette interrogation remet aussi en cause la capacité d’attribution de l’oeuvre. John Cage et Robert Rauschenberg sont-ils à mettre sur le même pied d’égalité ici ? L’un a eu l’idée, l’autre l’a exécutée. Cela rejoint le problème que pose l’art du XXème siècle de façon générale : qu’est ce qui prévaut ? L’idée ou la forme ? Et à ceux qui répondent « La forme biensûr ! », on peut rétorquer que dans ce cas, ce n’est pas à John Cage que reviendrait l’oeuvre, encore moins à Robert Rauschenberg a fortiori, mais à la voiture ! C’est elle qui a laissé les traces sur ce papier n’est ce pas ?

Comme vous le voyez, les interprétations peuvent être diverses et variées, et même être très tirées par les cheveux, c’est le risque. Cette oeuvre doit être couplée avec des réflexions philosophiques, des réflexions et recherches qui ont été le fil conducteur de l’Oeuvre de John Cage et de nombreux de ses collaborateurs – je pense surtout à Marcel Duchamp qui tout autant que lui a été influencé par les philosophies asiatiques et par le Yi King. Il faut d’abord penser à l’enjeu d’Automobile Tire Print, la considérer comme une oeuvre expérimentale, un test pour appliquer les concepts chers à Cage, comme le hasard. Ici, vous l’avez vu dans la vidéo, les traces n’ont pas été retouchées, on voit bien les irrégularités laissées par les pneus de la voiture, celles causées par la route, tout comme celle de la marque qui n’est pas parfaitement droite.

Il faut se poser des questions pour étudier cette oeuvre, c’est surement pour ça que je la considère comme l’une des plus intéressantes : elle est intrigante et il ne suffit pas taper son nom dans un moteur de recherche pour découvrir tous ses secrets.

Comme quoi, parfois, le meilleur moteur de recherche ne se trouve pas dans un ordinateur, mais dans notre tête !

J’ajoute ici le lien du SFMOMA (San Francisco Museum of Modern Art) où est conservée l’oeuvre et où vous pouvez retrouver cette vidéo :

http://www.sfmoma.org/explore/multimedia/videos/23

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Une réflexion sur “Automobile Tire Print : Entretien avec Robert Rauschenberg

  1. Pingback: L’utilisation d’objets « réels  par Robert Rauschenberg | «John Cage et ses collaborations

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