La découverte du Yi-King 易经 et l’influence de cette philosophie sur le travail de John Cage et son groupe

Aujourd’hui un article un peu différent, mais vous comprendrez vite pourquoi il trouve sa place ici ! Comme une évidence …

On  va commence par une brève histoire du Yi-King :

La lecture de ce livre des oracles n’est pas linéaire et varie du moment et du lieu où elle prend place. Quatre personnages seraient à l’origine de sa conception : Fo Hi, le roi Wen, le duc de Tchéou et Confuscius.

Ce livre se compose de huit trigrammes qui permettent la consultation des oracles par tirage au sort. Pour consulter les oracles, il faut piocher deux des huit trigrammes en posant une question. Ces deux trigrammes renvoient aux soixante-quatre hexagrammes et forment un symbole. Ce symbole renvoie de son côté à une section du Livre des mutations. La réponse que l’on obtient dépasse le système du oui/non auquel on pourrait s’attendre. Ce système du Yi-King repose entièrement sur un jeu de hasard puis sur l’interprétation que l’on donne aux réponses.

J’ai trouvé difficile de réunir des informations sur le Yi-King, d’autant plus sur le lien entre cette philosophie du zen et notre artiste. J’ai donc surtout consulté la page dédiée à John Cage sur le site du Centre Georges Pompidou. Même si les informations sont concises, ce sont celles qui m’ont le mieux permis de comprendre l’excessive et incroyable – mais non moins intéressante – complexité du Yi-King.

Représentation du yi king, entouré de trigrammes

Représentation du Yi-King, entouré de trigrammes

Cette page est d’ailleurs, pour les plus courageux d’entre vous, à lire dans son intégralité. Les informations et différentes collaborations sont très bien ciblées, tout y est intéressant !

A partir de 1951, John Cage – qui s’en est d’ailleurs toujours remis au hasard dans ses compositions – va adopter le Yi-King comme philosophie et comme outil primordial des ses compositions artistiques. On peut donner l’exemple de Music of Changes en collaboration avec David Tudor : le hasard entre en jeu par les notes du piano arrangé par John Cage mais aussi par l’organisation des représentations. Effectivement, avant les représentations, l’organisation de l’œuvre change, tout est décidé au dernier moment de façon à ce que le public ne sache pas à quoi s’attendre.

Dans cet article, on va considérer la philosophie du Yi-king comme une « collaboration », au même titre que les collaborateurs de John Cage. Pourquoi ? Le Yi-King est une figure majeure dans l’art de l’artiste. Il guide, par le hasard, ses choix. Il lui apprend à abandonner les codes musicaux pour l’inconnu et par là à abandonner aussi la simplicité qui résidait dans l’art ; c’est à dire une structure définie et jamais remise en question.

John Cage va entièrement se remettre à ce tirage au sort et à la consultation du Yi-King pour ses œuvres. Il va enseigner à ses collaborateurs cette nouvelle conception de l’art.

Merce Cunningham, David Tudor, Marcel Duchamp – et d’autres encore – feront appel à ce jeu du hasard dans leurs compositions. C’est l’enseignement que le maître Cage leur a transmis et le plus important de tous.

Je vous mets ici le lien vers la page du Centre Pompidou cité plus haut ( allez-y vraiment!) :

http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-cage/ENS-cage.html#pratique2

Advertisements

Une réflexion sur “La découverte du Yi-King 易经 et l’influence de cette philosophie sur le travail de John Cage et son groupe

  1. Pingback: Automobile Tire Print : Entretien avec Robert Rauschenberg | John Cage et ses collaborations

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s